Vous connaissez tous le quotidien gratuit 20 minutes, et bien voilà ce qu'on peut trouver à l'intérieur du n°1408 du lundi 19
mai 2008.
Alors voilà la question: pourquoi plus d'un mois et demi après on parle toujours de cette historie dans la presse nationale et rien à
Mayotte?
par Caro
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Un peu de douceur dans ce monde brut...Surtout aujourd'hui car je passe le concours d'assistant qualifié du patrimoine...Arg! Foutu
concours!!
par Caro
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Dans cette période de flambée des prix du pétrole et de perte du pouvoir d'achat...Mayotte subit sa deuxième augmentation des prix des
carburants pour cette année.
Vous l'aurez donc compris, les prix des carburants ne sont pas les même ici qu'en métropole. En effet, depuis la privatisation du service des hydrocarbures (service de la réprésentation du
gouvernement...Grosso modo la Préf), marché gagné par la compagnie pétrolière Totale, les prix sont fixés par arrêté préfectoral.
Depuis le 1er mai, les prix sont donc les suivants:
Essence 1.40
Gazole: 1.24
Pétrole: 0.65
Mélange 2 temps: 1.42
Mélange Copemay (Késako?): 0.98
La Préfecture précise que "l'existence à Mayotte de mécasnismes stabilisateurs mis en place lors de la privatisation permet pour l'heure d'atténuer les augmentations de prix et de rester dans
les fourchettes basses des prix pratiqués en métropole qui vont de 1.15 à 1.48 pour le gazole et de 1.36 à 1.56 pour le sans plomb".
Pour rappel, avant la 1ère augmentation qui était intervenue le 1er février, les prix étaient les suivants:
Essence: 1.31
Gazole: 1.08
Pétrole: 0.56
Mélange 2 temps: 1.32
Mélange Copemay: 0.88
Pour une fois que nous avons des prix plus bas ici qu'en métropole...Et très prochainement un article sur le pouvoir d'achat et la joie de faire des courses sur une petite île en
outre-mer...
par Caro
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En faisant ce blog, je voulais vous présenter ma vie ici: mes rencontres, le paysage, une culture différente....Et faire le moins de politique possible...Mais comment passer au travers? Notamment
avec les événements du 27 mars et de ce qui se passe actuellement.
Le ministère des affaires étrangères des Comores a fait savoir jeudi 4 avril, via un communiqué, qu'il interdisait désormais le rapatriement de ses ressortissants entrés clandestinement à
Mayotte: "il est strictement interdit jusqu'à nouvel ordre à toute agence de voyage, aérienne ou maritime, nationale ou étrangère, de transporter des immigrés clandestins comoriens au départ
de Mayotte".
Peut on voir à cette décision une riposte diplomatique de l'Union des Comores par rapport au refus de la France de renvoyer le président déchu d'Anjouan Mohamed Bacar ?
On entend différentes versions par rapport à cette décision: "raison de sécurité, les Comoriens étant dans leur pays à Mayotte, etc..."
Que va-t-il advenir de ces dizaines de milliers de clandestins anjouanais qui parviennent régulièrement à gagner Mayotte en kwassa kwassa ? La situation dans l'archipel des Comores et tout
particulièrement sur l'île aux parfums risque de devenir explosive. En effet, suite aux émeutes et aux violences perpétrées jeudi 27 mars sur leur territoire, les Mahorais réclament aujourd'hui
une intensification des expulsions d'Anjouanais.
par Caro
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Parce que Mayotte se n'est pas seulement de belles plages, de bons souvenirs mais s'est aussi une île de l'océan Indien dans l'archipel des Comores...
Tout a commencé à Anjou où les forces de l'union africaine sont venues délogées Mohamed Baccar, ancien président et dictateur de l'île. Il est venu se réfugier dans la nuit de mercredi à jeudi à
Mayotte, plus précisément à Mzouazia, où le président déchu s'était réfugié chez son frère. Ayant appris l'arrivée de celui-ci, des ressortissants anjouanais ont commencé à se réunir relativement
pacifiquement.
Les groupes composés tant de jeunes que d'adultes voulaient retrouver Mohamed Baccar, lequel a été transféré en Petite Terre par bateau.
C'est au petit matin aux alentours de 7h30 que les choses ont dégénéré notamment aux alentours de la barge (barge que je devais prendre et que je n'ai pas pu). Les manifestant prennent
littéralement le contrôle de la rue: véhicules caillassés, poubelles enflammées, voitures et scooters brulés...Un véritable décor de guerre civile. Mais très vite les violences se dirigent vers
les m'zungus...Qui ont pour seul tort d'être blancs. Pris à parti, renversés de leurs scooters puis lynchés. Les pare-brise des voitures sont explosés à coups de parpaings et leurs conducteurs
tabassés. Certains m'zunguns sont pris en otage par émeutiers.
Devant tant de violence que faire d'autre que se caher? Les magasins ferment, les travailleurs se cachent en attendant l'intervention de la police. Seul moyen de rentrer chez soi...Se faire
raccompagner par des mahorais en se cahant comme certains dans le coffre de leur voiture.
Situation surréaliste où des personnes vivant clandestinement sur un territoire prennent le contrôle de la situation. Ce n'est que vers 19h que la situation s'est calmée suite à l'intervention
des gardes mobiles arrivés de La Réunion.
M. Baccar a fuit par les airs grâce au Transall de l'armée française...Arrivée à La Réunion, on l'accuse d'entrée illégale sur le territoire en possession d'armes...Mais il est acquité pour vice
de procédure. A ce jour, il est en résidence surveillée en attendant que sa demande d'asile politique soit examinée....Pour qu'il puisse regagner la métropole où sa jolie maison l'attend du coté
de Nantes...
Et moi dans tout ça?
Je n'ai rien.
Je n'ai pas réussi à prendre la barge de 7h30 qui est partie bien avant. N'ayant pas écouté les infos du matin, je ne savais pas ce qui se passait. Je me renseigne à la barge juste au moment où
le trafic est arrêté et ne reprendra que le soir vers 18h. Et là, un mahorais m'attrape pour mettre au 5/5 (café juste à coté de la barge) et ne me disant de ne pas y bouger. J'y resterai jusque
14h - 14h30 avant de rentrer chez des amis qui habitent à coté de l'appartement.
J'ai du me caher 5 fois (une fois derrière le comptoir du bar et les autres dans la cuisine). Le café avait mis des barrières devant l'entrée et les mahorais à l'intérieur du 5/5 repoussaient les
assaillants (adultes et jeunes, hommes et femmes certaines avec des enfants en bas âge) pour qu'ils ne puissent pas y rentrer.
Ma voiture et mon logement n'ont rien eu.
J'ai vu un m'zungu traverser la rue et se faire lyncher en place public devant mes yeux car sa seule faute est d'être blanc.
Je n'aurai jamais pensé vivre ça un jour et encore moins ici.
Je dois ma sureté à des mahorais.
Merci monsieur de m'avoir mise à l'abri et merci à vous d'avoir repousser les anjouanais pour qu'ils ne puissent pas venir nous prendre dans le 5/5, nous les m'zungus et métis réfugiaient à
l'intérieur.
Les rumeurs les plus folles ont été entendu dans la journée: des morts, des viols, des tentatives de kidnapping, etc...
La Préfecture assure qu'il y a 18 blessés dont un grave: un mahorais à qui on a coupé le bras car il aidait une m'zungu...Démenti des morts..Mais est ce vrai? On essaye de minimiser les
choses...
La vie à changé. Les gens ne se regardent plus tout à fait de la même façon.
Difficile d'écrire la dessus. Je ne vous ai pas donné tous les détails. A certains d'entre vous j'ai fait passé les Nouvelles de Mayotte et Flash info. Peut être certains
d'entre vous auront vu le JT de TF1 du jeudi 27 avril..Alors que France 2 ne diffusait que le départ de Bacar en Transall...Mais où est l'information? La désinformation!!
J'enverrai à certains d'entre vous le détail de cette journée mémorable..Sur le net on en peut pas toujours tout diffuser en restant le plus objectif possible...Car j'ai des questions qui
resteront sans réponse surtout à savoir quel est le rôle de la France et Pourquoi???
par Caro
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